Bonsoir à toutes et à tous
Depuis quelque temps je recherchais une monnaie d’Egine dite à la tortue de mer. Le type à la tortue de mer est considéré comme une monnaie archaïque. Les exemplaires bien venus à la frappe et bien centrés sont rares. J’ai enfin trouvé mon bonheur.
Quelques mots sur Egine et ses monnaies.Egine à l’époque archaïque est la rivale d’Athènes la plus redoutée. Puissante sur mer car sa terre est ingrate. Elle est présente dans toute la Méditerranée par ses négociants. Egine fut une des premières cités commerçantes de la Grèce antique. Elle eut la première marine de Grèce et fut la première cité à battre monnaie. Egine ne fut-elle pas longtemps en face d’Athènes, ce que Carthage fut pour Rome. Après bien des péripéties et des crises, Athènes essaya d’en venir à bout en déportant sa population. Cet effacement radical en 431 mit fin à une période de double jeu mené par la cité insulaire. Trop proche d’Athènes pour la braver sans risque, mais excellent pour servir d’avant poste du Péloponnèse.
Quand elle redevient grâce aux Lacédémoniens une cité autonome aux IV e siècle, avec les descendants de son ancienne population elle conserve une position stratégique toujours utile aux ennemis d’Athènes.
L’étalon éginétique.L’étalon monétaire est l’aspect le plus constant du monnayage d’Egine. Qu’ils aient été frappés au VIe ou au début du IIIe siècle, les statères éginétes ont le même poids : Aux environs de 12,20 gr et apparemment la même excellente teneur en argent.
Cet étalon éginétique pour les monnaies d’argent (avec son statère divisé en deux drachmes de six oboles pesant théoriquement un peu plus d’un gramme) est celui de la plupart des ateliers Cycladiques et d’une bonne partie de la Grèce continentale, Phocide, Locride, Béotie et Thessalie.
Son seul concurrent sérieux en Grèce est l’étalon euboico-attique statère de 8.60 gr, tétradrachme de 17,20 gr dont Alexandre fera la réussite ultérieure.
Sur nombre de pièces l’emblème d’Egine n’a pas la qualité plastique de la chouette athénienne ni des pégases Corinthiens, question de quantité sans doute.
La production de statères éginètes autour de 500 et jusque vers 480 semble avoir été considérable. Usées et peu attirantes pour les collectionneurs les pièces archaïques furent souvent au XIXe siècle remise au creuset dés leur découverte.
Précisions géographiques.Egine est une île grecque du golfe Saronique. Ses habitants sont les Eginètes.
L’île est célèbre pour son temple d’Aphaia, un des trois temples du triangle sacré, Parthénon, Sounion, Aphaia. D’environ 90 km2 l’île est située à une vingtaine de kilomètres au Sud-Ouest d’Athènes.
L’île aurait été dépeuplée vers 950 avant notre ère et repeuplée par des colons venus d’Epidaure. C’est alors que se serait développée la vocation maritime de l’île. Sa marine était considérée au VIIe siècle avant notre ère comme la première de Grèce.
Quand on examine au point de vue de l’histoire de l’art les séries monétaires à la tortue, on s’étonne que cette cité à la tête d’un commerce aussi florissant et possédant une école de sculpture si féconde ait produit des monnaies d’un art aussi rudimentaire.
La monnaie d’Egine est restée un instrument commercial un produit de l’industrie vulgaire comme les plombs de douanes, à l’usage des marchands. Elle n’a pas pris contact avec le mouvement artistique.
Voilà ce que j’ai pu trouver sur Internet et dans quelques publications pour vous présenter cette monnaie.
A bientôt.
Le Professeur Brrr.