Le voici donc arrivé mon nouveau type de bige. Après les chevaux, les rennes, les éléphants et les chèvres voici le bige de lions ! (et non pas de hyènes

ni de louves comme certains en avait fait l’hypothèse).
http://www.forumfw.com/monnaies-de-la-republique-romaine-f5/nouveau-denier-de-la-gens-renia-t5857.htmJe suis très satisfait de cet exemplaire bien centré et patiné (c'est toujours aussi dur de le rendre en photo) et où les détails sont parfaitement conservés et visibles. A noter que CGB en propose un exemplaire dans sa dernière VSO qui se clôture dans quelques jours...
Ce dernier a été émis par
Marcus Volteius en 78 avant JC qui par ailleurs a également émis un bige de serpents/dragons.
L’estimation de coins donnée par Crawford est de 71 pour le droit et le revers.
Avers : Anépigraphe avec un buste lauré et casqué d'Attis (fils caché & amant de Cybèle) tourné à droite. Derrière une marque de contrôle (bouclier).
Revers : M. VOLTEI. M. F. à l'exergue / MO - “Marcus Volteius Marci Filius”, (Marc Volteius, fils de Marc). Un char tiré par deux lions à droite, conduit par Cybèle qui tient les rênes. Au-dessus, une marque de contrôle chiffre grec (80).
Cybèle est une déesse hermaphrodite initialement honorée par les phrygiens sous le nom d’Agdistis. Elle fût abandonné à la naissance et
élevée par un lion (ou un léopard selon les versions) qui lui enseigna les mystères de la nature. Elle est la déesse de la fécondité, des mystères et des richesses de la nature mais elle avait également le pouvoir de guérir ou de déclencher des épidémies.
Dans la tradition grecque dès le IIIe siècle puis latine, elle se confond avec la mère des dieux (Rhéa) et la déesse de moissons et de l’agriculture (Déméter / Cérès). Elle est fréquemment représentée siégeant sur un trône protégé par deux lions.
En 204 avant JC, les Romaine décidèrent de ramener à Rome la représentation sur terre de Cybèle pour leur assurer les succès dans leur lutte contre les carthaginois. L’histoire ne dit pas si leur victoire doit quelques chose à Cybèle mais, par les suite, à partir de 191 avant JC,
des jeux publics qui se clôturaient par des courses de chars dans le Circus Maximus (les ludi Megalenses) furent instaurés du 4 au 10 avril afin d’honorer Cybèle.
Pour être tout à fait complet, il faut rappeler que les prêtres voués à Cybèle (les Galles) qui officiaient lors de cette cérémonie étaient des eunuques et pratiquaient des rituels d'autocastrations à l'occasion des Sanguinaria qui se déroulaient le 24 mars.
Ces pratiques sont à rapprocher de l’histoire même de Cybèle qui tomba amoureuse d’
Attis sans avoir qu’il était le fils qu’elle avait eût avec Zeus et qui, pour se venger du peut d’intérêt qu’il lui portait, décida de le rendre fou et le de le pousser à se suicider par émasculation.
Ce denier commémorerait donc selon Mommsen ces fêtes annuelles très populaires à l’époque romaine et qui se poursuivirent par la suite sous l’empire.