Période d'Héraclius à Constantin IV (610→685)Heraclius, l'exarque de Carthage, entre en dissidence avec Phocas en 608. Phocas est déposé et exécuté en 610, ce qui met un terme à quatre années de tyrannie. Le fils de l'exarque, nommé lui aussi Heraclius, est couronné la même année. Heraclius se révèle un grand empereur, qui va restaurer un empire en cours de désagrégation. Le début du règne est pourtant difficile, avec les Sassanides qui occupent l'Asie Mineure, envahissent la Syrie, l'Egypte, et prennent Jérusalem en 614. Les Balkans sont toujours également aux mains des Avars, qui obtiennent même le versement d'un tribut en 622. La situation va miraculeusement s'inverser après cette date, après laquelle les Avars sont définitivement mis au pas. L'empire sassanide s'étiole de lui même avec la mort de Khosroes II, en 628. Au demeurant ceci ne profite pas aux Byzantins, qui sont dès lors confrontés à un péril beaucoup plus redoutable, la progression de l'Islam.
A partir de 613 Heraclius place son fils Heraclius Constantin à ses côtés à l'avers des monnaies.

HERACLIUS (610-641) - Solidus - 4.48g - Constantinople, 616-625
Constant II, dont le nom officiel est en fait Constantin, est le petit-fils d'Héraclius. Il est porté au pouvoir par le Sénat en 641, après que son oncle Héraclonas ait été destitué, mutilé et exilé à Rhodes.
L'avènement de Constant II est marqué par l'expansionnisme de l'Islam. Une décennie a suffi aux Arabes pour balayer les derniers Sassanides et mettre la main sur deux des plus riches provinces byzantines, la Syrie en 636, puis l'Egypte en 641.
Au contraire de l'empire romain, l'empire byzantin ne produit que très peu de monnaies d'argent.
L'hexagramme est créé sous Héraclius vers 614, avec un poids théorique de 6,82g. Sa durée de vie ne se réduira qu'à quelques décennies, puisqu'il disparaîtra après le règne de Constantin IV. Les frappes sont le plus souvent très frustes et une monnaie de belle facture et peu usée est extrêmement difficile à trouver.

CONSTANT II (641-668) - Hexagramme - 5.48g - Constantinople, 647-651
Au cours du règne de Constant II, le solidus et l'hexagramme évoluent en un grand nombre de types.
Jusqu'à 647 le jeune empereur est représenté imberbe. Il porte une courte barbe sur les monnaies émises entre 647 et 651, puis arbore une barbe imposante à partir de 651. A partir de 654 Constantin IV figure au côté de son père à l'avers, la croix potencée occupant toujours le revers. Les monnaies postérieures à 659 présentent au revers les deux autres fils de Constant II, ou encore Constant à l'avers et ses trois fils au revers.

CONSTANT II (641-668) - Solidus - 4.48g - Constantinople, 651-654
A la suite de révoltes en Italie et en Afrique du Nord, Constant conforte sa position en proclamant empereur son fils Constantin IV en 654. Cinq ans plus tard il associe au pouvoir deux autres de ses fils, Heraclius et Tiberius. Vers la fin de son règne Constant II quitte Constantinople et décide d'établir sa capitale à Syracuse. Son despotisme est à l'origine du complot qui lui coûtera la vie, en 668.
La titulature de cet hexagramme indique "Notre Seigneur Constantin (Constant II) et Constan (son fils Constantin IV)". Le père et le fils portent une couronne identique. Toutefois l'importance relative des deux empereurs est traduite par la différence de taille des effigies.

CONSTANT II & CONSTANTIN IV (654-668) - Hexagramme - 6.95g - Constantinople, 654-659
En 674 les Arabes sont au pied des murailles de Constantinople. La ville est assiégée pendant quatre ans mais reste imprenable et les Arabes se retirent après avoir subi de lourdes pertes. Pendant le même temps les Bulgares envahissent les Balkans ; les Byzantins, qui ne sont pas en mesure de s'y opposer, n'ont d'autre choix que de leur abandonner l'ancienne province de Mésie.
Cette émission date du début du règne de Constantin IV, l'empereur apparait imberbe et ses deux frères Heraclius et Tibère figurent au revers de la monnaie. En 681 ces derniers sont écartés et Constantin reste seul au pouvoir.

CONSTANTIN IV (668-685) - Solidus - 4.43g - Constantinople, 669-674