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L’adieu d’Hector et Andromaque
Le médaillon contorniate romain du lien ci-dessous, d’entre la seconde moitié du IVe et le commencement du Ve siècles de notre ère, porte sur l’avers le buste du poète Homère à droite, et, sur le revers,
Andromache et Hector debout de face, se regardant et se donnant leurs mains droites en geste d’adieu, la femme posant sa main gauche sur l’épaule du mari qui se dispose à partir armé pour son combat final contre Achille.
http://www.acsearch.info/record.html?id=201507
A propos d’
Hector 
, le plus grand défenseur des Troyens pendant la Guerre contre les Grecs, voir le post n.º 60 de cette série, où j’ai transcrit les émouvantes paroles du héros à son épouse

lorsqu'il en prit congé

pour repartir au combat, comme rapportées par Homère dans le Chant VI de l’
Iliade.
Andromaque était la fille d'Eétion, roi de Thèbes de Troade

. Elle devint la femme d'
Hector, le fils aîné du roi de Troie Priam

et d’Hécube

. Achille tua son père et ses sept frères

lors du siège de Thèbes et rançonna lourdement sa mère Cilicie. Durant le siège de Troie, elle pressentit la mort prochaine de son époux. Dans le Chant XXII le poète inscrit la lamentation d’
Andromache à la vue de son cadavre :
« -
Hektôr ! ô malheureuse que je suis ! Nous sommes nés pour une même destinée : toi, dans Troiè et dans la demeure de Priamos ; moi, dans Thèbè, sous le mont Plakos couvert de forêts, dans la demeure d'Êétiôn, qui m'éleva toute petite, père malheureux d'une malheureuse. Plût aux Dieux qu'il ne m'eût point engendrée ! Maintenant tu descends vers les demeures d'Aidès, dans la terre creuse, et tu me laisses, dans notre demeure, veuve et accablée de deuil. Et ce petit enfant que nous avons engendré tous deux, malheureux que nous sommes ! tu ne le protégeras pas, Hektôr, puisque tu es mort, et lui ne te servira point de soutien. Même s'il échappait à cette guerre lamentable des Akhaiens, il ne peut s'attendre qu'au travail et à la douleur, car ils lui enlèveront ses biens. Le jour qui fait un enfant orphelin lui ôte aussi tous ses jeunes amis. Il est triste au milieu de tous, et ses joues sont toujours baignées de larmes. Indigent, il s'approche des compagnons de son père, prenant l'un par le manteau et l'autre par la tunique. Si l'un d'entre eux, dans sa pitié, lui offre une petite coupe, elle mouille ses lèvres sans rafraîchir son palais. Le jeune homme, assis entre son père et sa mère, le repousse de la table du festin, et, le frappant de ses mains, lui dit des paroles injurieuses : Va-t'en ! ton père n'est pas des nôtres ! Et l'enfant revient en pleurant auprès de sa mère veuve. Astyanax, qui autrefois mangeait la moelle et la graisse des brebis sur les genoux de son père; qui, lorsque le sommeil le prenait et qu'il cessait de jouer, dormait dans un doux lit, aux bras de sa nourrice, et le cœur rassasié de délices ; maintenant Astyanax, que les Troiens nommaient ainsi, car
Hektôr défendait seul leurs hautes murailles, subira mille maux, étant privé de son père bien-aimé. Et voici, Hektôr, que les vers rampants te mangeront auprès des nefs éperonnées, loin de tes parents, après que les chiens se seront rassasiés de ta chair. Tu possédais, dans tes demeures, de beaux et doux vêtements, oeuvre des femmes ; mais je les brûlerai tous dans le feu ardent, car ils ne te serviront pas et tu ne seras pas enseveli avec eux. Qu'ils soient donc brûlés en ton honneur au milieu des Troiens et des Troiennes ! »
Et, dans le Chant XXIV, pendant les funérailles d’
Hector :
«
Andromakhè aux bras blancs commença le deuil, tenant dans ses mains la tête du tueur d'hommes
Hektôr :
- Ô homme ! tu es mort jeune, et tu m'as laissée veuve dans mes demeures, et je ne pense pas qu'il parvienne à la puberté, ce fils enfant que nous avons engendré tous deux, ô malheureux que nous sommes ! Avant cela, cette ville sera renversée de son faîte, puisque son défenseur a péri, toi qui la protégeais, et ses femmes fidèles et ses petits enfants. Elles seront enlevées sur les nefs creuses, et moi avec elles. Et toi, mon enfant, tu me suivras et tu me subiras de honteux travaux, te fatiguant pour un maître féroce ! ou bien un Akhaien, te faisant tourner de la main, te jettera du haut d'une tour pour une mort affreuse, furieux que Hektôr ait tué ou son frère, ou son père, ou son fils ; car de nombreux Akhaiens sont tombés, mordant la terre, sous ses mains. Et ton père n'était pas doux dans le combat, et c'est pour cela que les peuples le pleurent par la ville. Ô
Hektôr ! tu accables tes parents d'un deuil inconsolable, et tu me laisses surtout en proie à d'affreuses douleurs, car, en mourant, tu ne m'auras point tendu les bras de ton lit, et tu ne m'auras point dit quelque sage parole dont je puisse me souvenir, les jours et les nuits, en versant des larmes. »
Après la chute de Troie, Astyanax fut tué par les Grecs qui craignaient qu'une fois adulte, il cherchât à venger sa famille comme le prédisait le devin Calchas.
Andromaque fut amenée comme captive en Epire par Néoptolème (Pyrrhus)

qui était le fils d'Achille. Elle devint sa concubine ou épouse et lui donna trois fils : Molossos

, Piélos

et Pergamos

. Puis Néoptolème épousa Hermione

, fille d'Hélène et de Ménélas

, mais ils n'eurent pas d'enfants

. Alors, selon Euripide, Hermione devint jalouse

d'
Andromaque et l'accusa de sortilèges visant à la rendre stérile. Elle profita même de l'absence de son mari pour essayer de la tuer avec la complicité de son père. Mais grâce à l'intervention Pélée, grand-père de Néoptolème et père du meurtrier de sa famille elle eut la vie sauve.
Andromaque épousa ensuite son beau-frère Hélénos, devin troyen devenu roi de Chaonia

, une partie de l’Epire, fils de Priam et frère de son premier mari ; ils eurent un fils, Cestrinus

. Bien que montée avec Hélénos sur le trône, elle resta emplie de tristesse, ne pouvant oublier
Hector auquel elle fait construire un magnifique monument.
Andromaque et Hélénos fondèrent la ville du nom de Pergame en souvenir de la citadelle de Troie. C'est là qu'ils accueillirent Enée

lorsqu'il fit escale en Epire.
Quand Hélénos mourut, laissant son trône à Molossos,
Andromaque suivit son fils Pergamos en Asie. Ils fondèrent une nouvelle Pergame en Mysie, où l'on suppose
Andromaque mourut.
On cite
Andromaque comme le modèle des épouses et des mères. Son caractère et ses malheurs ont inspiré de grands poètes après Homére ; par exemple Euripide, Virgile et Racine.
Voici des liens pour la légende d’Andromaque :
http://mythologica.fr/grec/andromaque.htm
http://fr.wikipedia.org/wiki/Andromaque
http://www.mythindex.com/greek-mythology/A/Andromache.html (en anglais)
http://www.maicar.com/GML/Andromache.html (en anglais)